| Jérôme HUBERT, en résistance contre le néo-vichysme; |
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"Nous aussi on est des gentils et on n'aime pas les méchants. |
| POLIGNY: du libéralisme ordinaire | Suggérer par mail |
| 01-11-2009 | |
Une librairie en faillite reprise par des clients attachés à la "proximité du livre" Je connais un peu le marché de la librairie, pour avoir moi-même été libraire deux années. Dur marché ; la loi LANG sur le livre est sensée protéger les petits mais elle les condamne plus vite au contraire. Un petit libraire n'a pas la possibilité de restaurer ses marges en augmentant ses prix, alors que le service qu'il donne justifierait cette pratique. Mais voici une bonne nouvelle, la sauvegarde d'une librairie par ses clients. Un exemple du libéralisme ordinaire sans pleurnicheries auprès de l'Etat: [Copyright © 2009 AFP. AFP de De Angela SCHNAEBELE] — Faute de repreneur, l'unique librairie de Poligny (Jura) était vouée à la fermeture, mais une soixantaine de clients, attachés à la "proximité du livre", ont créé une société par actions simplifiée (SAS) qui a permis la réouverture de l'établissement. Entre arrivages de cartons, livres à mettre en rayon, nouvelles commandes et clients bien présents en période de rentrée scolaire, les bénévoles de la "Nouvelle librairie polinoise" s'affairent depuis vendredi dernier, date de réouverture du commerce. "Notre objectif est de maintenir la proximité du livre", explique Mathilde Vergon, présidente de la boutique née des cendres de la dernière librairie de Poligny (4.377 habitants) et des alentours. En difficulté financière, l'ancienne libraire avait fait part à plusieurs de ses clients, début 2008, de son intention de mettre un terme à son activité. Préoccupés par la disparition d'un énième commerce de proximité dans la commune ou attachés à la pérennité de ce lieu de culture, clients et habitants de Poligny et des environs se sont mobilisés pour sauver leur librairie. "Comme il n'y avait pas de repreneur, nous avons fait le pari de trouver un budget", explique Corinne Dalloz qui a travaillé trois ans en librairie à Paris avant de s'installer dans le Jura. Au mois d'août dernier, tous ensemble, ils ont créé une SAS dont le capital est constitué de plusieurs porteurs de part. Chaque part coûte 500 euros, pour un (budget) total de 55.000 euros. Parmi la soixantaine de personnes impliquées, chacune a acheté une, deux ou trois parts, devenant ainsi actionnaire de la SAS qui fonctionne sur le principe d'"une personne égale une voix". "Pour beaucoup de gens, c'était un élan du coeur mais aussi un effort financier. Certains ne pouvaient pas mettre 500 euros et se sont regroupés", confient Mathilde Vergon et Corinne Dalloz, qui occupe le nouveau poste de libraire, salarié, créé pour l'occasion. La mobilisation "n'a fonctionné que sur du réseau informel et par le bouche à oreille", selon la présidente, documentaliste de profession. "C'est très dynamisant, on fait souvent référence à l'économie solidaire, mais là, notre projet est une réalité concrète", ajoute-t-elle. La démarche des deux femmes et des autres actionnaires est renforcée par une certitude: "les gens ont encore le goût des livres". "Beaucoup de jeunes, à partir de 10 ans, entrent, regardent les livres, ressortent. C'est un univers qui ne leur fait pas peur, c'est leur environnement", constate Corinne Dalloz. A la "Nouvelle librairie polinoise", on reste toutefois conscient des difficultés de l'aventure. "Même si on part sur des bases économiques saines, il faut voir sur le long terme ce que ça va donner. C'est un commerce qui demande beaucoup d'investissements et d'efforts", dit Mathilde Vergon. "La librairie est un des commerces les moins rentables, on le fait par passion", renchérit Mme. Dalloz, affairée aux milieux des piles de livres et des "cartons porteurs d'espoir et d'avenir pour la librairie".
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